La présence du passé – (Salle d’exposition 15)
Les citations présentées ici doivent être une invitation à garder à l’esprit jusqu’aujourd´hui les crimes national-socialistes. Elles ne doivent être en aucun cas considérées comme représentatives.
Esther Reiss
Lorsque la guerre se fini, je voulus me suicider. Je ne l´ai pas fait parce que je devais raconter à ma mère ce qui était arrivé à ma sœur. Elle était morte dans les derniers jours de Bergen-Belsen. (Citation extraite d’une interview en 2000, autorisée en 2005)
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Halina Birenbaum
Après la libération, j´étais comme une pierre: je ne ressentais plus rien. Puis sont venues les souffrances et les peines à cause de tous ceux qui n´étaient plus. (Citation extraite d’une conversation, autorisée en 2005)
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Gunter Demning
Je ne sais pas, parfois j’essaye de ne pas penser à ce à quoi mon père a participé. (Citation extraite d’un film documentaire en 2000, autorisé en 2005.)
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Alfred Silberstein
Il a fallu au moins six mois après la libération avant que je puisse dire « oui, je suis libre ». Je portais d’autres vêtements. Mes cheveux avaient repoussé. Je n’avais plus faim. Mais, je ne faisais confiance à personne. (Citation extraite d’une interview en 1996, autorisée en 2005. Silberstein)
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Primo Levi
J’avais l’impression que chacun se devait de nous poser des questions, de lire sur nos visages qui nous étions, d’écouter humblement nos récits. Mais aucun ne nous regardait dans les yeux, aucun ne releva ce défi : ils étaient sourds, aveugles et muets, enfermés sur leurs ruines comme dans une forteresse d’ignorance intentionnelle, toujours aussi forte, toujours aussi capables de haïr et de mépriser, toujours aussi emprisonnés et empêtrés dans une toile d´arrogance et de culpabilité. (Primo Levi, La Trêve, première publication italienne en 1963, publication française la même année et publication allemande en 1964.)
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Gila Lustiger
Qu’il vive au travers de nous ou au travers de nos parents, le passé obscurcit tout et face à l’horreur, même le plus petit sentiment de vie privée et d’intimité tombe dans le silence. (Gila Lustiger, Réflexion sur la condition des auteurs juifs en Allemagne, 1999)
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Yaakov Gilad
Quand j’avais des mauvaises notes ou que je cassais quelque chose, elle disait (ma mère) : « Dommage que j’aie pu sortir de Auschwitz si c’est pour vivre ça » (Citation extraite d’un film documentaire de1988, autorisée en 2005)
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Alexandre Halaunbrenner
Dans le quartier où nous vivions, personne n’en parlait. Pourquoi pas ? Parce que- nous habitions dans Le Marais, le quartier juif de Paris et tous mes amis avaient quelque chose à voir avec cette histoire. Même si ce n’était pas la même chose pour tout le monde, je n’en ai jamais parlé avec mes amis. J’ai même eu des amis qui ne savaient pas que j’étais allé en camp. (Citation extraite d’une interview, autorisée en 2005 Halaunbrenner)
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Etgar Keret
Quand j’avais trois ou quatre ans et qu’on me frappait ou dès que j’avais mal, je ne pleurais jamais parce que je me disais que je n’en avais pas le droit. Mais qu’est ce que c’est? Ce n’est rien en comparaison avec ce que mes parents ont souffert- et je ne voulais pas leur faire de peine. (Citation extraite d’une interview pour la radio en 2004, autorisée en 2005)
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Joseph Wulf
J’ai publié dix-huit livres au sujet du Troisième Reich mais aucun n’a eu d’effet. Tu peux te documenter sur les Allemands morts, il peut y avoir à Bonn le régime le plus démocratique qui soit et les meurtriers déambulent librement, ont leur maisonnée et cultive leurs fleurs. (Citation extraite d’une lettre à son fils en 1974.)
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Lothar Kreyssig
Cependant, cette possibilité de compensation est entravée par le fait que des choses comme la vie et la liberté sont irremplaçables, d’autres comme l’honneur et la santé ne peuvent être que partiellement retrouvées. Quels que soient les efforts, la blessure est irréparable. (Citation extraite d’un manuscrit non publié, 1958.)
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Willi Frohwein
J’ai pris conscience de la vraie signification de la libération lors du procès Fischer en 1966. Au regard des crimes qui y furent évoqués, j’ai compris de quel destin terrible j’avais été libéré. (Citation extraite d’un témoignage en 2004, autorisée en 2005)
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Yehuda Poliker
Un soir- j’avais cinq ou six ans-mon père voulait manger quelque chose et prit du pain. Il ne le découpait jamais, mais rompait toujours de gros morceaux qu’il fourrait dans sa bouche. Une habitude qu’il avait gardée de l’holocauste, de camp de concentration. Ce soir là le pain resta coincé dans sa gorge. Il vira au bleu. Ma mère m’envoya chercher le médecin. Je courrais et je ne pouvais pas m’empêcher de penser que quand je rentrerais, il serait mort. Depuis lors je bégaye. (Citation extraite d’un film documentaire de 1988, autorisé en 2005.)
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Viola Roggenkamp
Être juif et Allemand, ça ne peut pas vraiment exister après la Shoah. Et pourtant si. Je suis la fille d’une juive allemande et de son amant goy. Dans l’ensemble ma famille a survécue au régime nazi et m’a appris à ne pas perdre les faveurs des autres Allemands. Les enfants de ceux qui ont agis, de ceux qui ont aidé et de ceux qui ont su ont fait l’effort de tout bien faire : de la venue à bout de leur passé jusqu’à la musique Klesmer. (Citation extraite d’un discours, autorisé en 2005.)
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Fritz Stern
L’expérience national-socialiste pèse sur nous tous. Le national-socialisme ne disparaît pas et dans quelques recoins sombres, on voit que le charme de l’idée de « Volksgemeinschaft » est encore attrayante. Les crimes sont présents dans la mémoire collective, la question : « comment cela a-t-il pu être possible? » ne disparaîtra pas avec le temps et toute embardée dans la « normalité » est vaine. (Citation extraite d’un discours à l’occasion de la remise du « prix de la paix des libraires allemands » en 1999, autorisée en 2005.)
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Anke Knitter
Quand on discutait avec des élèves de droite à l’école, je me suis toujours sentie personnellement attaquée. Leurs observations me faisaient penser qu’ils ne savaient pas ce qu’ils disaient là. Par ailleurs, j’avais l’impression qu’il fallait que je protège mon grand-père. (Citation extraite d’une discussion, autorisée en 2005)
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Katrin Himmler
Quand j’avais quinze ans, un camarade de classe me demanda soudainement en cours d´histoire si j’avais un rapport avec Himmler. J’approuvais avec une boule dans la gorge. La classe était silencieuse. Tous étaient éveillés et intéressés. Mais la professeur était tendue et continua comme si rien ne s´était passé. Elle avait raté une chance de nous faire comprendre en quoi nous, la deuxième génération, sommes encore inséparables de cette « vieille histoire ». (Katrin Himmler, Les Frères Himmler, Francfort s/Main 2005)
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Ignaz Bubis
Si j’avais vécu sans cesse avec ces souvenirs, je n’aurais pas pu continuer à vivre –et sûrement pas en Allemagne. C’est comme ça pour moi et pour beaucoup de survivants et de descendants. Évincer cette expérience de sa mémoire et se taire sont probablement une protection vitale pour les survivants. (Ignatz Bubis, citation extraite de son autobiographie, 1996.)
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Ulrike Krüger
Oui, la faute de mon père fait partie de ma vie. Je vis et ainsi, je suis un être responsable. Je ne peux supporter cela que dans la mesure où je suis prête à toujours remettre en question ce passé et donc de prendre au sérieux ces évènements horribles. Il s’agit de vies anéanties, autant physiquement que psychologiquement. Mon défi est de placer cette conscience dans mon quotidien et d’essayer de faire quelque chose contre les préjugés, le non-respect et la destruction de l’humanité. (Citation extraite d’un film documentaire de 1986, autorisé en 2005.)
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